Il fait déjà orange
6 novembre 2009
Misteur Valaire me dit de me botter le cul. Putain, habille-toi, il fait déjà orange dehors, tu pars dans quelques heures.
Misteur Valaire me dit aussi de bouger mon cul. Danse, bouge, ne reste pas assis. Utilise ton corps dans l’espace. Ah, non, ça c’est un autre petit requin qui me le dit.
Man, je n’en ai pas assez, j’en veux plus. Je veux plus de La Patère en concert, je veux que le son soit meilleur, je veux Fanny Bloom presque nue avec des plumes, je veux entendre Lucy Liu hurler encore sur “Et si c’était un veau”.
Je mélange les choses, c’est volontaire. De trop grands événements, en même temps. La vie advient. À tous les jours, je sais, mais des fois plus que d’autres.
Demain, déjà, puis mercredi.
À jeudi.
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Les matins lents
5 novembre 2009
J’aime les matins lents où je peux prendre mon temps, vérifier trois fois mes messages, écouter de la musique, lire un peu ici et là, le Macleans, OVNI, regarder la pastille de vitamine C se dissoudre dans l’eau, manger un peu de fromage cottage en écoutant Marie-Jo Thério, avoir chaud, ouvrir les fenêtres, avoir froid. J’aime les matins lents où je peux faire tout ce que je veux, seulement parce que c’est ça la vie et que je n’ai pas envie de me faire dicter ma conduite par un horaire fixe.
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Les heures (celles qui passent trop vite)
4 novembre 2009
Toute la journée j’ai des tas d’idées.
Je mets les pieds sur le trottoir et je me dis : oh, il faut que j’écrive quelques mots sur cette flaque d’eau à moitié gelée et sur le désir étrange que j’ai que Püp se fracasse la hanche sur le sol.
Ou encore : le jaune est le nouveau noir.
Dans le genre.
Puis la journée défile et je ne vois pas les heures. Et je m’endors en écoutant Sébastien Tellier.
Ça arrive.
J’y reviendrai.
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Je ne parle encore que de moi
3 novembre 2009
Des fois je suis heureux sans limite et je souris aux laiderons que je croise dans le corridor. Et en même temps je deviens un sale connard qui parle des laiderons du corridor. J’écoute de la musique en espagnol un peu kitsch et je danse en attendant le bus. La vieille qui essaie de me bousculer pour entrer avant moi ne me dérange même pas. Je la bouscule un peu à mon tour pour la forme, puis j’entre dans le bus. Je ne m’insurge presque pas contre les barbus qui ne laissent pas leur place à la femme enceinte à côté de moi. Je parle à tout le monde de mes projets farfelus d’aller étudier quelques mois en Australie. J’aime le rap et je ne m’en cache pas. Surtout le rap blanc et le rap brun. Je suis raciste comme une vieille fille de Sillery, mais c’est pour rigoler, ce n’est pas vrai. Je prends des drogues qui m’étourdissent et qui ne m’enlèvent pas le mal qu’elles devraient cacher. Je m’en fous. Je me lave les mains mais pas trop souvent, il faut conserver intacte cette belle flore. Et c’est en côtoyant des gens qui se trouvent à l’extérieur de notre névrose qu’on peut s’en extraire.
La vie est belle, quand même.
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Du soleil dans l’oeil et sur les feuilles jaunes
2 novembre 2009
Ce qui devra arriver arrivera en attendant j’ai mal au cou comme s’il allait se rompre et quitter mon corps. Pour oublier (!) je marche et je me réjouis de ce que l’automne ne soit pas encore terminé. On a enlevé les bancs et les poubelles, c’est ridicule. Comme si on ne devait rien jeter et ne jamais s’asseoir, en hiver. Je m’en fous, les feuilles sont trop jaunes et la lune derrière les nuages en crème est entourée d’un halo aux couleurs de l’arc-en-ciel. J’écoute Joni Mitchell et Scarlett Johansson et un peu Nelly Furtado aussi et je me fracasse le coude sur tous les murs et toutes les surfaces dures et solides. Prends conscience de ton corps, me dira-t-elle, tu es trop dans ta tête. Je veux bien, mais quand la tête menace de s’effondrer parce qu’il n’y a plus de cou pour la supporter, même l’oreiller n’y peut rien.
Je reprends les séminaires aujourd’hui, puisqu’il le faut.
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The XX
31 octobre 2009
The XX, c’est vraiment trop bon. C’est bon quand je marche dans les feuilles mortes et que je fais exprès pour traîner les pieds pour qu’elles se soulèvent et croustillent. C’est bon quand je lis Maria Takolander et que je prends presque autant de notes qu’il y a de mots dans le livre. C’est bon quand je contemple le message suivant, sans rien faire : “Veuillez patienter, un agent sera bientôt en ligne avec vous…”. C’est bon aussi quand je réfléchis à ce qu’il me reste à faire en prévision du bal masqué de ce soir. C’est bon quand j’ai envie de ne rien faire, mais c’est aussi bon quand j’ai du mal à me concentrer parce que j’ai trop de choses en tête. The XX, c’est vraiment trop bon.
Le quotidien banal
30 octobre 2009
Avec Tchaïkovski c’est comme si le quotidien banal que je m’amuse à lire prenait un tout autre sens. Il fait un temps non pas de fatigue heureuse (!), mais plutôt de bricolage et de glitter, un temps pour dépenser des sommes incroyables dans des magasins qui ne vendent rien d’essentiel.
Si j’avais 300 $ tout de suite j’achèterais des billets pour “Le lac des cygnes” du National Ballet of Canada à Toronto, en mars. Si j’avais 1500 $ tout de suite j’irais passer une semaine à Londres, au Hilton Hyde Park. Ces deux propositions n’ont aucun lien entre elles.
Les tomates sur la table sont presque toutes mûres et l’odeur est presque enivrante, trop forte et trop fruitée pour que je puisse penser à autre chose pendant que je mange mon déjeuner (des vieilles croustilles et du fromage cottage…) et que je lis le Maclean’s. J’exagère.
Ouais, avec Tchaïkovski c’est comme si le quotidien banal prenait un autre sens. Pour moi, en tous cas.
Plaidoyer de culpabilité
28 octobre 2009
Après la crise je me dis que personne ne me volera quoi que ce soit et que je ferai bien ce que je veux. Je poserai des éoliennes sur le toit et j’emplirai la pièce de plantes vertes. Je vais aussi marcher à toute vitesse vers les troncs noirs et je repasserai mes vêtements froissés sur le comptoir de la cuisine. Je lancerai des parachutistes aux couleurs de la francophonie dans la cage d’escalier et je danserai en marchant.
Je connais la conjugaison du futur, mais il m’arrive aussi de dire “je vais faire” plutôt que “je ferai”, et à moi ça me suffit. Je cracherai sur les élitistes et je me cracherai dessus par le fait même parce que je dois reconnaître que je le suis un peu, beaucoup.
Mais tous les italo-pakis de ce monde ne suffiront pas à me décourager. Ils pourront porter autant de vestons et de cravates qu’ils le veulent, je ne regarderai pas les pubis gras qui me jugent, ni les queues-de-cheval trop serrées qui me parlent de chinois et de sémiotique anthropologique.
Je ne pense pas que je sois si innocent. Je suis coupable, de bien des choses.
Mouahaha !
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Ça ne fait que commencer
25 octobre 2009
J’entends la musique et je sens l’urgence de mettre en mots les réminiscences qu’elle m’inspire même si je ne l’ai jamais écoutée.
Comme un masochiste j’aime toujours ces gouffres pleins, ces pseudo-trous un peu mous sur lesquels je mets le pied.
Il faut que le maintenant, l’immédiat, le hic et nunc, il faut que tout cela ne soit que le début. Je dis souvent “j’ai envie”, “j’aimerais”, “je veux”. Pas trop souvent, j’espère. Parce que ça ne fait que commencer. La vie, et tout ça – ça ne fait que commencer.
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Il faut lire ce billet à voix haute, très haute
24 octobre 2009
Je n’ai pas de style. Ça me désole. En attendant, je porte un loup plumé à mort et j’achète de la fausse fourrure. Je mets des bas fluos, pas pareils. Je porte toujours des chemises, lignées ou à carreaux, et ça me plaît.
J’ai envie de crier “You don’t want me / You just like the attention” à l’instar de La Roux, j’ai envie d’être quelque chose comme Douglas Coupland et Miriam Toews, j’y pense tout le temps quand je suis dans la douche.
MAB, mon amie, j’ai signé ta dédicace tout à l’heure pendant que je me lavais les cheveux. Et j’ai aussi pleuré avec toi, Püp. Fuck la fin du monde. Fuck fuck fuck.
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